Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

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2005-03-16

Formation et déformations Internet

Au café, Bobo Blaireau m'avait demandé – supplié – de donner une formation à sa copine un samedi après-midi. Il avait finement ajouté qu'il était trop doué pour qu'une grosse pétasse puisse le comprendre... Ça commençait bien !
Le lendemain, à l'heure dite, je traversais la rue pour me rendre chez lui. Quand la porte s'ouvrit, je découvris une sculpturale naïade blonde qui embaumait le benjoin et la myrrhe.
- Bonjour, Michel. Je t'attendais impatiemment.
- Euh, oui, bonjour. J'étais stupéfait. Véronique, la copine de Bobo Blaireau, était à tomber par terre. Elle était dotée d'une paire qui me laissait sans voix. Et le reste était à l'avenant...
- Bobo m'a dit que vous aviez besoin d'une petite formation. Quelles sont vos besoins exactement ? J'essayais malgré tout de garder un ton professionnel.
- On peut se tutoyer entre voisin, hein ! Je voudrais que tu m'apprennes à télécharger des MP3 sur Internet.
- Ah oui, fis-je tristement, plein d'enthousiasme. Avant de télécharger, il faut d'abord apprendre comment utiliser Internet. Tu as déjà utilisée Internet ?
- Non. J'ai un portable Apple, je viens de l'acheter. Enfin, c'est à Bobo...
- Oui, l'autre jour, il l'a montré à tout le quartier. Même le gardien de l'Armée du Salut doit être au courant.
Nous nous installâmes devant le Powerbook et je commença par lui expliquer les bases de l'utilisation de l'ordinateur.
- Et là, cette fente, c'est le lecteur de CD. Tu introduis doucement le CD et il rentre tout seul.
Elle essaya, sans succès. Le CD ne montait pas. Rien. Je regardais sur le bureau du Mac, nulle part ! Au bout de quelques longues secondes de silence, j'avisais un bout de plastique qui dépassait.
- Véronique, il faut mettre le CD dans le lecteur et non sous le portable. Là, ça peut pas marcher.
Crise de fou rire. Son merveilleux buste était secoué de soubressauts incandescents. J'avais du mal à détacher mon regard de son doux corsage.
- Bon, revenons-en à nos moutons et j'inserrais le CD qui monta avec un bruit incongru.
Véronique observait attentivement mes gestes. Et à chaque fois qu'elle se rapprochait de l'écran pour mieux voir mes manips, son magnifique sein droit frottait contre mon bras gauche. Une furieuse envie de lâcher ma souris m'étreingnais douleureusement.
- Michel, fit-elle, là, j'ai deux fentes. Qu'est-ce que je fais ?
- Ah bon ?!!! Je détaillais alors sa généreuse anatomie. Où çà ?
- Mais, non, idiot ! C'est l'ordinateur qui a deux fentes. Elle me désigna le côté droit du portable.
- Il s'agit d'un orifice où tu peux introduire une carte mémoire.
- Et je peux en mettre une grosse ?
- Oh oui, une très grosse, si tu veux. J'étais mort de rire.
- Pfuu ! Franchement, t'es pas un formateur très sérieux.
- Ben, avec une élève comme toi, c'est difficile de le rester.
- Montres-moi vraiment comment utiliser cette foutue machine et tu pourra me faire un petit bisou.
- Avec la langue ?, risquais-je d'une voix hésitante.
Elle resta silencieuse, se voulant énigmatique, espiègle minaudière.
- Et un peu les mains aussi ?
- La récompense sera à la mesure de la formation.
Je m'accrochais à la souris qui semblait tout à coup gonflée sous ma main.
En fait, son esprit était aussi fin que sa poitrine était ample. Bobo Blaireau ignorait tout de la créature qui partageait son nid douillet. Véronique fut prompte à comprendre les bases du Mac qui étaient indispensables pour utiliser son petit Ipod chéri.
Puis aux tours qu'elle m'appris, succédèrent des vers passionnés qui l'enchantèrent.
- Je te croyais technicien hors pair et voilà que tu me charmes avec de doux vers, s'écria-t-elle et elle me roula un patin d'enfer.
Et mes mains s'aggripèrent une fois encore à ses formes si voluptueuses.
- Les apparences peuvent être trompeuses.
J'en tiens là la preuve la plus somptueuse.
Le technicien s'est épuisé à une tâche hardue,
Mais le poète s'enflamme sans fin devant ton cul.
Et là, comme aiguillonnée par mes vers, elle se jeta sur moi. J'hésite à conter tout ce qui se passa durant cet après-midi, si riche en baisers passionnés et subtiles caresses. J'en rêve encore...
Le lendemain matin, je retournais au bar des Acacias. J'avais bien besoin d'une bonne dose de café pour me réveiller.
Au bout du deuzième double, survint Bobo tout guilleret et très amical.
- Ah Michel ! Je ne sais pas comment te remercier pour hier.
- Eh bien, tu n'as qu'à me donner quelques gros biftons.
- Bien sûr, Michel. Véronique est ravie de ta prestation. Moi, j'arrivais à rien avec elle. Je dois être trop proche, et puis, entre nous, il faut être très très patient avec elle. Et surtout ne pas avoir peur de répéter les choses. Mais toi, c'est une de tes grandes qualités.
- Je suis très cher aussi !
- Pas de problème, Michel. D'ailleurs, j'aimerai que tu me fasses un petit forfait. Véronique se débrouille très bien tout seule maintenant avec son Ipod. Elle m'emmerde plus ! C'était le but de la manoeuvre. Il s'exclaffa, fier de lui.
- Mais j'ai toujours oeuvré pour l'indépendance des individus.
- Il faudrait quand même que tu complètes son initiation. Elle a besoin que tu lui apprennes Internet, un peu de bureautique et de multimedia.
- Je suis disponible les samedis après-midi.
- D'accord. Mais je suis désolé, je ne peux pas y assister car j'ai trop de boulot à ma boîte.
- Non, non, il faut pas. Tu risques de perturber l'attention de Véronique.
- Tu as raison. T'ai un vrai pro, Michel. J'ai envie de t'embrasser ! s'exclama-t-il. Les habitués du café se retournèrent tous.
- Ah non, Bobo ! Je ne me fais jamais payer en nature.
© Michel Kisinis

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3 Comments:
At 4:37 PM, Anonymous ESMERALDA5 said...

LOL

 
At 5:38 PM, Anonymous Anonyme said...

je sais pas si c'est une fiction ou un truc vrai. mais ça sent le machisme à plein nez. imagine la joie qu'on a quand on fait un 90F et qu'on a un DEA au compteur de lire encore les mêmes propos que partout: la fille à grosse poitrine est une bimbo sans cervelle. merci pour l'info. qui change pas trop de ce qui est relégué partout dans les médias pour le plaisir des messieurs. qui ensuite se font une nécessité de vous aborder dans la rue comme un bout de viande parce que c'est certain vous ne méritez pas mieux. sans cervelle. on se demande qui a le plus de cervelle au final. mais c'est encore la même qui est victime de cette image machiste véhiculée.

 
At 8:29 PM, Blogger Kisinis said...

Je crois que vous n'avez pas bien lu l'histoire... La belle dame n'est justement pas un "bout de viande", comme vous le dites si poétiquement, et le machiste, ce n'est pas moi.

 

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