Art officiel et mauvais artistes !
bavent sur les artistes
Dans le Parisien du samedi 13 mai, je suis tombé sur une pleine page consacrée à l'art contemporain. Le titre est provocateur : "Franchement... L'art contemporain est-il peuplé d'imposteurs ?". La journaliste, Catherine Balle, décrit brièvement sa visite de l'exposition au Grand Palais "la force de l'art" et son article est illustré par la photographie d'une œuvre : la maquette grandeur nature d'une automobile... le tout ne donnant aucune envie de visiter cette exposition.
L'article est aussi accompagné de trois petits interviews dont un a attiré mon attention car il titrait en gros "Il y a surtout beaucoup de mauvais artistes". A gauche de l'interview, un portrait au cigare du commissaire-priseur qui affirme cela. Cette personne est aussi... vice-président du Palais de Tokyo.
A la question de Catherine Balle "Y a-t-il beaucoup d'imposteurs dans l'art contemporain", le commissaire-priseur/vice-président répond "Une grande partie du marché de l'art est fondée sur des œuvres qui n'ont aucun intérêt. Ou plutôt qui, comme les tableaux de la place du Tertre de Montmartre, n'apporteront rien à la civilisation et ne relèvent que de l'aventure personnelle de l'artiste. Car malheureusement, il y a beaucoup de mauvais marchands et de mauvais collectionneurs, qui ne savent pas distinguer les œuvres banales des œuvres fortes. Cependant, de la part des artistes, il ne s'agit pas d'imposture mais d'un manque de talent. Ils sont bien trop attachés à ce qu'ils font pour être dans une logique d'escroquerie. Tous (ou presque) sont sincères. Il n'y a pas d'imposteurs, mais il y a beaucoup de mauvais artistes".
Quand on connaît la programmation du Palais de Tokyo, l'attitude pleine de vanité, d'arrogance et de mépris du commissaire-priseur/vice-président paraît bien futile. La morgue d'un apparatchik ne saurait nous faire oublier l'utilisation systématique du Palais de Tokyo pour des opérations publicitaires. Les organisateurs se sont servis un temps des artistes squatteurs, à peu de frais, le thème étant à la mode, pour les rejetter tout aussi vivement. Ils ont aussi montés de prestigieuses expositions pour du matériel informatique (ordinateurs, imprimantes, lecteurs MP3, bornes WIFI, etc), en utilisant de nombreux artistes, et leurs œuvres, sans les rémunérer. De conséquents budgets ont servis à tout cela, sans qu'aucun de ces artistes ne touche un centime.
Je vous propose d'aller voir les pages de mon blog qui évoque ces histoires :
- "Où est la HYPE ? Dans ton cul, connard !!!" qui parle de l'exposition HYPE ->Expo HYPE
- "L'artiste dans une nuit noire" où j'évoque le respect des œuvres et la culture événementielle ->Artiste et nuit noire
En 2005, on a bien vu le mépris avec lequel a été traité la candidature de la FRAAP (Fédération des Réseaux et Associations d'Artistes Plasticiens) à la direction du Palais de Tokyo.
J'avais pensé à rebaptiser le Palais de Tokyo en Bazar de Tokyo. Mais, comme me l'a fait intelligemment remarquer une amie peintre, cela serait faire injure aux bazars que de dénommer ce lieu ainsi. Alors, on pourrait l'appeler le Foutoir de Tokyo (désolé pour la ville !). Ce serait plus juste, car c'est bien un lieu où les responsables se foutent pas mal des artistes, de l'art et des citoyens en général.
Quel crédit peut avoir un soi-disant spécialiste de l'art quand il est à la fois juge et parti, et qu'il insulte et méprise aussi honteusement les artistes (mais aussi ses propres confrères et leurs clients), et tout en en faisant le commerce ? Et ne devrait-il pas en tirer les conclusions qui s'imposent ???
Quelques-uns tentent depuis quelque temps de s'introduire dans cette foutue chapelle pour profiter des maigres miettes que les officiels de l'art contemporain sont prêts à leur laisser. Ces artistes, se croyant plus malins que les autres, devraient plutôt reconsidérer leur situation et leur collaboration avec des gens si méprisants vis-à-vis de nous tous.
Ce lieu restera ce qu'il est, un lieu mort qui n'apporte rien à la civilisation, tant que les artistes ne se feront pas respectés et n'imposeront pas leur présence et leur créativité.
Et j'encourage chaudement tous les artistes à écrire à la Délégation aux Arts Plastiques (au Ministère de la Culture) pour protester contre les propos du vice-président du Foutoir de Tokyo : le délégué Olivier Kaeppelin olivier.kaeppelin@culture.gouv.fr
© Michel Kisinis
Libellés : art, artiste, Arts Plastiques
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2 Comments:
Eh bien, voilà une lecture rafraîchissante ! Je vois que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir une pensée "alternative" ! (sourire)
Pour voir une action qui dialogue avec daniel buren et parasite secrètement la force de l'art consulter : http://painterman.over-blog.com/article-3116138.html
soit : la distribution de 'pinxit', (récit des actions clandestines d'un gardien du musée gustave moreau) aux gardiens de 'la force de l'art' habillés par buren
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