Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

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2005-03-31

TNT, le vide numérique


Tout le monde s'arrache les décodeurs TNT, une vraie folie ! Sur les chaînes nationales, pérorent de nombreux spécialistes rétribués par tous ces opérateurs, ainsi que par les marchands de matériel. Ils comparent les modèles, leurs fonctionnalités, les antennes, les prix, etc. Les prévisions donnent un million de décodeurs vendus en 2005.
Mais, bizarrement, peu se posent les vrais questions :
- qui sont les opérateurs de ces "nouvelles" chaînes ?
- quels sont les "nouveaux" contenus ?
- où sont les télés locales associatives ?
- quelles parts sont réservées à la culture et aux associations ?

Le Monde titre "Les chaînes de la TNT devraient créer un nouvel équilibre du marché publicitaire". L'intérêt (pour les opérateurs) se situe bien dans la manne publicitaire, quitte à remplir les "nouvelles" chaînes de programmes déjà élimés par de multiples rediffusions depuis plusieurs décennies.

Quand on regarde les principaux opérateurs de ces "nouvelles" chaînes, on trouve tout d'abord le service public : France 5, Arte et France 4. Ensuite, Direct 8 du groupe Bolloré, avec Philippe Labro comme vice-président. NRJ 12 créé par le groupe NRJ, dont on connait l'excellence de son programme musical. NT1 créé par le groupe AB, grand leader de la création audiovisuelle. TMC contrôlée par TF1 et le groupe AB. W9 créé par M6, qui a réussit à négocier une importante augmentation de la durée des plages publicitaires, et dont les programmes brillent par leur diversité musicale.

TNT signifie en réalité "Très Nulle Télévision". Et y'a vraiment pas de quoi se battre pour avoir son décodeur.

Il suffit maintenant de prononcer le mot magique "numérique" pour déclencher l'hystérie collective, traduite évidemment par des achats effrénés. Mais quand on y regarde de plus près, c'est le vide... numérique, la connerie numérique qui submerge tout !

Il faudrait me payer cher pour me motiver à regarder toute cette nullité !

Michel Kisinis

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Quelques liens pour changer de programme :

Zaléa TV Zaléa TV, chaîne associative nationale contre l'oppression et l'aliénation télévisuelles, pour la défense et la liberté d'expression et de création.

Miss hélium Duo techno punk qui fuck les stars du showbiz

Les CriStaUx LiqUiDEnt Collectif aux activités aussi diverses que variées

Insolite Bande d'insurgés insolemment insatiables instillant un Hip Hop incisif et inspiré, insoumis, InSOlitE !

FUZZKHAN et ses Dons A l'Etalage

Kisinis Art Blog Les contes idiots de l'Internet

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2005-03-24

Photo-passion et charge maximum

Ce soir-là, pour me détendre, je suis allé aux Acacias. Après avoir salué tout le monde, je commandais un express, pour changer. Puis, petit moment de détente pur, je mis une pièce dans le monnayeur et j'étreignis les angles froids du flipper. Et c'était parti pour une danse mécanique, ponctuée de cliquetis, de chocs et de bruitages électroniques.
J'étais en plein effort lorsque survint Jojo, l'air hagard, examinant tous les recoins du café, comme pour trouver une hypothétique muse qui, sous la torture, lui insufflerait quelles bribes d'inspiration. Il était essouflé.
- Michel, j'ai des tirages.
- Bonjour Jojo ! Eh alors ?
- Je peux te les faire voir ! Dis-moi ce que tu en penses, comme t'as l'habitude des appareils.
Je lâchai mon flipper et perdis toutes mes boules multiples qui allèrent s'engouffrer rapidement dans le trou final. Je jaugeai l'olibrius qui me demandait mon avis, non pas de photographe, mais d'utilisateur d'appareils... Mes sens m'inondèrent d'ondes négatives provenant d'un Jojo qui me tendait ses tirages avec un sourire niais.
- Tu sais, moi j'y connais rien en appareil de blaireau. Je suis seulement photographe.
Je pris le paquet et commençai à regarder, prenant l'air intéressé. C'était pathétique ! De pauvres figures blafardes traversaient des espaces colorés chaotiques. Tout était flou, à des degrés différents. J'avais envie de gerber sur ces tirages numériques pixellisés à mort par d'absurdes manipulations informatiques. Mais je fis tout de même l'effort de regarder tous les tirages.
- Alors ?
- C'est très bien.
- Ah bon, c'est tout ?
- Tu veux peut-être que je me mette à hurler à la mort ?
- Non, non, c'est pas nécessaire. Bon maintenant, je vais mettre ces photos sur mon site.
- Oui c'est indispensable pour que les gens découvrent ton oeuvre.
- Michel, j'aimerai bien que tu m'expliques quelle est ta passion dans tout ça ? Est-ce que Internet est une passion pour toi ?
Je fixa Jojo, et en une fraction de seconde, je décidais de lui délivrer la charge maximum, les yeux dans les yeux, d'un ton très dur, aussi dur que le titane du god que son patron lui mettait tous les jours.
- Je n'ai aucune passion pour le html, les pages web ou l'Internet en général. Ce qui me passionne, c'est l'Art. Et Internet est pour moi un outil pour diffuser ma passion, mon Art.
Il y eut un blanc. L'effet fut dévastateur. Une bonne part de ses connections synaptiques cédèrent sous la surcharge et des pans entiers de son esprit furent emportés. Les dégâts ainsi provoqués se lisaient sur son visage tétanisé. Il remua faiblement les lèvres, mais aucun son n'en sortit.
J'aurai pu appeler le SAMU, mais il était encore conscient. En tout cas, il gardait les yeux grands ouverts. Et le SAMU aurait refusé de le prendre en charge... Le Numérikeu avait encore fait une victime.
Ayant payé mon café, et le patron m'ayant rendu la monnaie, je sortis du bar, le coeur léger.
© Michel Kisinis

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2005-03-16

Formation et déformations Internet

Au café, Bobo Blaireau m'avait demandé – supplié – de donner une formation à sa copine un samedi après-midi. Il avait finement ajouté qu'il était trop doué pour qu'une grosse pétasse puisse le comprendre... Ça commençait bien !
Le lendemain, à l'heure dite, je traversais la rue pour me rendre chez lui. Quand la porte s'ouvrit, je découvris une sculpturale naïade blonde qui embaumait le benjoin et la myrrhe.
- Bonjour, Michel. Je t'attendais impatiemment.
- Euh, oui, bonjour. J'étais stupéfait. Véronique, la copine de Bobo Blaireau, était à tomber par terre. Elle était dotée d'une paire qui me laissait sans voix. Et le reste était à l'avenant...
- Bobo m'a dit que vous aviez besoin d'une petite formation. Quelles sont vos besoins exactement ? J'essayais malgré tout de garder un ton professionnel.
- On peut se tutoyer entre voisin, hein ! Je voudrais que tu m'apprennes à télécharger des MP3 sur Internet.
- Ah oui, fis-je tristement, plein d'enthousiasme. Avant de télécharger, il faut d'abord apprendre comment utiliser Internet. Tu as déjà utilisée Internet ?
- Non. J'ai un portable Apple, je viens de l'acheter. Enfin, c'est à Bobo...
- Oui, l'autre jour, il l'a montré à tout le quartier. Même le gardien de l'Armée du Salut doit être au courant.
Nous nous installâmes devant le Powerbook et je commença par lui expliquer les bases de l'utilisation de l'ordinateur.
- Et là, cette fente, c'est le lecteur de CD. Tu introduis doucement le CD et il rentre tout seul.
Elle essaya, sans succès. Le CD ne montait pas. Rien. Je regardais sur le bureau du Mac, nulle part ! Au bout de quelques longues secondes de silence, j'avisais un bout de plastique qui dépassait.
- Véronique, il faut mettre le CD dans le lecteur et non sous le portable. Là, ça peut pas marcher.
Crise de fou rire. Son merveilleux buste était secoué de soubressauts incandescents. J'avais du mal à détacher mon regard de son doux corsage.
- Bon, revenons-en à nos moutons et j'inserrais le CD qui monta avec un bruit incongru.
Véronique observait attentivement mes gestes. Et à chaque fois qu'elle se rapprochait de l'écran pour mieux voir mes manips, son magnifique sein droit frottait contre mon bras gauche. Une furieuse envie de lâcher ma souris m'étreingnais douleureusement.
- Michel, fit-elle, là, j'ai deux fentes. Qu'est-ce que je fais ?
- Ah bon ?!!! Je détaillais alors sa généreuse anatomie. Où çà ?
- Mais, non, idiot ! C'est l'ordinateur qui a deux fentes. Elle me désigna le côté droit du portable.
- Il s'agit d'un orifice où tu peux introduire une carte mémoire.
- Et je peux en mettre une grosse ?
- Oh oui, une très grosse, si tu veux. J'étais mort de rire.
- Pfuu ! Franchement, t'es pas un formateur très sérieux.
- Ben, avec une élève comme toi, c'est difficile de le rester.
- Montres-moi vraiment comment utiliser cette foutue machine et tu pourra me faire un petit bisou.
- Avec la langue ?, risquais-je d'une voix hésitante.
Elle resta silencieuse, se voulant énigmatique, espiègle minaudière.
- Et un peu les mains aussi ?
- La récompense sera à la mesure de la formation.
Je m'accrochais à la souris qui semblait tout à coup gonflée sous ma main.
En fait, son esprit était aussi fin que sa poitrine était ample. Bobo Blaireau ignorait tout de la créature qui partageait son nid douillet. Véronique fut prompte à comprendre les bases du Mac qui étaient indispensables pour utiliser son petit Ipod chéri.
Puis aux tours qu'elle m'appris, succédèrent des vers passionnés qui l'enchantèrent.
- Je te croyais technicien hors pair et voilà que tu me charmes avec de doux vers, s'écria-t-elle et elle me roula un patin d'enfer.
Et mes mains s'aggripèrent une fois encore à ses formes si voluptueuses.
- Les apparences peuvent être trompeuses.
J'en tiens là la preuve la plus somptueuse.
Le technicien s'est épuisé à une tâche hardue,
Mais le poète s'enflamme sans fin devant ton cul.
Et là, comme aiguillonnée par mes vers, elle se jeta sur moi. J'hésite à conter tout ce qui se passa durant cet après-midi, si riche en baisers passionnés et subtiles caresses. J'en rêve encore...
Le lendemain matin, je retournais au bar des Acacias. J'avais bien besoin d'une bonne dose de café pour me réveiller.
Au bout du deuzième double, survint Bobo tout guilleret et très amical.
- Ah Michel ! Je ne sais pas comment te remercier pour hier.
- Eh bien, tu n'as qu'à me donner quelques gros biftons.
- Bien sûr, Michel. Véronique est ravie de ta prestation. Moi, j'arrivais à rien avec elle. Je dois être trop proche, et puis, entre nous, il faut être très très patient avec elle. Et surtout ne pas avoir peur de répéter les choses. Mais toi, c'est une de tes grandes qualités.
- Je suis très cher aussi !
- Pas de problème, Michel. D'ailleurs, j'aimerai que tu me fasses un petit forfait. Véronique se débrouille très bien tout seule maintenant avec son Ipod. Elle m'emmerde plus ! C'était le but de la manoeuvre. Il s'exclaffa, fier de lui.
- Mais j'ai toujours oeuvré pour l'indépendance des individus.
- Il faudrait quand même que tu complètes son initiation. Elle a besoin que tu lui apprennes Internet, un peu de bureautique et de multimedia.
- Je suis disponible les samedis après-midi.
- D'accord. Mais je suis désolé, je ne peux pas y assister car j'ai trop de boulot à ma boîte.
- Non, non, il faut pas. Tu risques de perturber l'attention de Véronique.
- Tu as raison. T'ai un vrai pro, Michel. J'ai envie de t'embrasser ! s'exclama-t-il. Les habitués du café se retournèrent tous.
- Ah non, Bobo ! Je ne me fais jamais payer en nature.
© Michel Kisinis

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2005-03-11

Harcèlement numérique

Avec l'explosion du numérique et du volume des boîtes aux lettres, je reçois de plus en plus de messages contenant plusieurs Mo d'images, de fichiers "DOC", "RTF", "PSD", "PPS" et les inévitables "PDF". Certains envoient même leurs infos sous plusieurs formes pour être certains que leurs destinataires n'aient aucune chance de leur échapper. Et pour être vraiment sûr que je les reçoive, on me les envoie plusieurs fois, sans oublier ceux qui m'inscrivent plusieurs fois à leur liste de diffusion.
L'effet est inversement proportionnel au poids du fichier... Je les détruis souvent sans les ouvrir. De toute façon, je ne lis plus rien, je ne réponds plus à rien... Je ne réponds plus de rien !
A quand le logiciel pour filtrer l'inutile et le vain ?!!!
© Michel Kisinis

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