Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

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2009-11-19

Rêverie en stage de droit d'auteur

   Sa longue chevelure aux reflets dorés ondulait gracieusement, encadrant un doux visage serein. Ses longs cils noirs semblaient battre au rythme de ses doigts fins qui tapotaient sur son clavier d'albâtre. Ses yeux bleu azur fixaient son écran, la mine concentrée. Et son profil hellénique, doucement éclairé par la lueur bleutée de son ordinateur portable, offrait un charmant spectacle.    Consciencieusement, elle notait règles et usages énoncés par la juriste. Et sur un fond sonore composé d'articles de lois et de jurisprudence, le poète se mit à rêver de muses dansant au beau milieu d'une prairie fleurie de l'Olympe sacré. Lyres, flûtes et tambourins résonnant à travers la vallée et les bois enchantés, où s'entremêlaient chants gracieux, cris voluptueux et rires joyeux. Des senteurs de jasmin, de thym, de romarin et de fenouil s'ajoutaient à la sublime myrrhe des déesses.
   “Le droit moral de l'auteur supplante les droits patrimoniaux”, s'exclama la juriste.
   Et les mots d'Horace me revinrent en mémoire : “Carpe diem, quam minimum credula postero”.
Outé mera, outé nikta, zoi exhassa.
   Plus tard, une artiste participant au stage, s'extasiant devant ma dextérité sur le clavier de mon portable, me demanda de lui donner mes notes. Je lui répondis franchement que je n'avais pris que très peu de notes, connaissant déjà bien le droit d'auteur, et que j'avais surtout écris un poème en prose. Cela fit rire tout le monde.
© Michel Kisinis

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2007-01-25

Langue de bois et droit de suite

Cette semaine, mardi après-midi, quelques dizaines d'artistes ont manifestés devant le Ministère de la Culture à l'appel de la Fédération des Réseaux et Associations d'Artistes Plasticiens (FRAAP), du Comité des Artistes Auteurs Plasticiens (CAAP) et du Syndicat National des Artistes Plasticiens-CGT (SNAP-CGT), pour dénoncer un projet de modification du droit de suite qui aurait pour effet de réduire de façon drastique le champ d'application de ce droit et donc les revenus des artistes. Selon ces organisations, le Ministère de la Culture se sert de nos droits d'auteur comme d'un paillasson. Ce jour-là, ils ont déposés à l'entrée du ministère un paillasson avec l'inscription “DROITS DES AUTEURS”. D'ailleurs, cela a donné lieu à quelques scènes comiques, puisque quelques personnes entrant dans le bâtiment s'essuyaient leurs pieds dessus.
Une entrevue impromptue se déroula ensuite entre les artistes et trois hauts fonctionnaires devant l'entrée du ministère, malgré le froid glacial. Aux revendications des artistes, le fonctionnaire le plus gradé, et le moins vêtu, répondit un truc qui m'a fait bien rire. Ce monsieur au léger accent NAP a écouté bien poliment les artistes, puis il a voulu les rassurer d'un charmant air bon enfant. Il leur a dit qu'il avait bien entendu leurs revendications et que cela était utile, car le Ministère allait prendre plus de temps pour expliquer ce projet de décret aux artistes.
Or, le même argument a servi aux politiques lors de la campagne électorale pour le "oui" au référendum sur l'Europe en 2005. En clair, on peut traduire ainsi : "Bon, vous êtes un peu idiots et très mal informés, alors on va être très patient avec vous et on va prendre beaucoup plus de temps pour tout vous expliquer simplement et vous convaincre"...
Evidemment, il n'est pas question ici de tenir compte réellement des arguments et des intérêts des artistes, mais seulement d'imposer au final le diktat des technocrates.
Mais y'a-t-il encore quelqu'un au Ministère de la Culture qui s'inquiète du sort de l'Art et des Artistes ?
A propos du droit de suite, j'ai écris un texte pour les Etats Généraux des Arts Plastiques, en 1981 : http://www.kisinis.ch/Michel_Kisinis/droits1.html
© Michel Kisinis

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