Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

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2009-11-19

Rêverie en stage de droit d'auteur

   Sa longue chevelure aux reflets dorés ondulait gracieusement, encadrant un doux visage serein. Ses longs cils noirs semblaient battre au rythme de ses doigts fins qui tapotaient sur son clavier d'albâtre. Ses yeux bleu azur fixaient son écran, la mine concentrée. Et son profil hellénique, doucement éclairé par la lueur bleutée de son ordinateur portable, offrait un charmant spectacle.    Consciencieusement, elle notait règles et usages énoncés par la juriste. Et sur un fond sonore composé d'articles de lois et de jurisprudence, le poète se mit à rêver de muses dansant au beau milieu d'une prairie fleurie de l'Olympe sacré. Lyres, flûtes et tambourins résonnant à travers la vallée et les bois enchantés, où s'entremêlaient chants gracieux, cris voluptueux et rires joyeux. Des senteurs de jasmin, de thym, de romarin et de fenouil s'ajoutaient à la sublime myrrhe des déesses.
   “Le droit moral de l'auteur supplante les droits patrimoniaux”, s'exclama la juriste.
   Et les mots d'Horace me revinrent en mémoire : “Carpe diem, quam minimum credula postero”.
Outé mera, outé nikta, zoi exhassa.
   Plus tard, une artiste participant au stage, s'extasiant devant ma dextérité sur le clavier de mon portable, me demanda de lui donner mes notes. Je lui répondis franchement que je n'avais pris que très peu de notes, connaissant déjà bien le droit d'auteur, et que j'avais surtout écris un poème en prose. Cela fit rire tout le monde.
© Michel Kisinis

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2009-11-09

Marées de larmes II

Une suffisance glaciale
   Malgré mon profond chagrin, j'abordais un autre rivage pour trouver l'affection et la tendresse qui me manquait tant. Mais là, je trouvais une Circé froide et dédaigneuse. Elle aimait ma compagnie, et appréciait de s'entretenir avec moi d'art, d'histoire, de parfums et d'encens. Nous partagions nombre d'affinités et nous allions ensemble visiter agréablement jardins, musées et expositions. Malheureusement, je ne pouvais même pas lui toucher tendrement la main sans provoquer en elle une irrépressible et furieuse colère.
   Le pire de cette étrange relation était, qu'ensemble, nous avions toutes les apparences d'un beau couple d'artistes. A l'occasion de spectacles et d'expositions, elle me présentait à ses amis, et je lui présentais les miens. Et tous étaient ravis de voir ma très chère peintre grecque en couple avec Michel Kisinis, le poète grec. Mais ce simple rôle de faire-valoir, sans aucun échange de tendresse, me faisait vraiment souffrir. Lorsque enfin je rentrais seul après ce genre de ballade, j'étais désespéré.
   Et à chacune de mes gentilles tentatives de rapprochement, elle me rejetait froidement, insensible et insouciante, telle une statue d'Héra, dont l'éclatant marbre blanc pailleté ne capterait même pas la chaleur de l'astre solaire. Le summum de cette triste mascarade fut lors d'une excursion à Auvers-sur-Oise pour visiter les lieux fréquentés par Vincent Van Gogh et par de nombreux autres peintres. Je me suis retrouvé abandonné par cette statue impassible et dure.

“J'errais les larmes aux yeux dans les rues d'Auvers-sur-Oise. L'automne faisait pleuvoir des vagues de feuilles roussies.
Et moi, je serrais des dents pour que mon désespoir n'inonde point la ruelle déserte. Mais une pluie fine tomba et me rafraîchit”.
   Alors, au bout de plusieurs mois de relations très culturelles, mais frustrantes au plus haut point, ma déesse glaciale m'offrit un élégant flacon d'eau de toilette au santal d'Australie afin de mettre fin à une relation qui n'avait jamais vraiment débuter. Ce parfum raffiné, boisé, me plut énormément, moi qui aime les senteurs orientales et fleuries, le benjoin et la myrrhe. Et pour conclure cet adieu bien anticipé, elle me dit sur un ton rassurant que j'étais quelqu'un de très fin et que je me suffisais à moi-même.
   Là, je ne pus retenir un franc éclat de rire. C'était tellement absurde ! Ma Circé polaire faisait de l'humour noir sans s'en rendre compte, ajoutant le ridicule à la cruauté. Pourtant si triste, cette idiotie me fit rire de bon cœur, alors que j'en souffrais tout en même temps, toujours fidèle à mon sacré sens de l'humour. Et mes yeux la fixant profondément, je lui répondis ironiquement : “Oui, bien sûr !”, un large sourire aux lèvres.
   Ma belle walkyrie orientale était complètement déstabilisée. Alors qu'elle avait préparé très soigneusement son discours de rupture à n'en pas douter, elle n'avait sûrement pas prévu qu'il me ferait rire. Telle est ma nature : totalement imprévisible ! De toute façon, je n'avais envie ni d'argumenter, ni de discuter. Lorsque l'on rencontre une telle personne, le mieux à faire est de la laisser dériver toute seule dans son océan glacial peuplé uniquement d'icebergs et balayé par des vents polaires, dans une obscure nuit sans étoile. Elle se suffit à elle-même !
   Le lendemain, elle m'envoya un SMS pour me prévenir qu'il y avait des moelleux au chocolat à deux euros chez Paul.
   Je lui répondis d'une petite poésie :
“Bien plus moelleux,
Et bien moins coûteux,
Est mon cœur amoureux”.
   Quelques jours après, je lui adressais un beau marque-page, acheté au Musée Daubigny d'Auvers-sur-Oise, représentant un magnifique décor mural avec des oiseaux s'ébattant dans un arbre. Au dos, j'écrivis : "Les larmes du poète sont douces, mais il n'y a personne pour y goûter. Kisinis".

© Michel Kisinis

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2009-10-18

Le silence et la détresse

Oh muse silencieuse, de ton mépris le présent
Tresses-en des lauriers faits de petites fleurs
De bruyère, trempés dans l'huile d'oliban,
Et honore l'âme morte du poète en pleurs,
Le cœur défait, dérivant en un désert d'acide inondé,
Aux vagues chaudes, douces et traîtesses.
Le ressac de cette mer délétère donne nausée
Et vertiges, l'engloutissant dans sa détresse.

© Michel Kisinis

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2009-06-25

L'horloge maudite

A chacun son heure !
   Il y a des années, bien avant Internet, j'avais reçu en cadeau une grosse horloge murale en plastique avec un achat par correspondance. Elle était rutilante avec une belle imitation de placage de loupe de noyer, mais elle convenait à un bureau, plutôt qu'à l'antre d'un poète. Je ne savais pas quoi en faire, mais un jour, vint une magnifique occasion de m'en débarrasser : un ami m'avait invité à son anniversaire. Ayant soigneusement emballé ma belle horloge dans du papier journal, j'allais le cœur joyeux à ce dîner.
   Malheureusement pour moi, cet ami avait eu l'idée saugrenue d'inviter aussi une bonne dizaine de ses amis les plus religieux. Et toute la soirée fut consacrée à la religion. Je ne comprenais pas pourquoi cet ami m'avait convié à une telle réunion, sachant très bien que je n'étais pas croyant. Pendant des heures, ils débattirent de la sagesse du dieu, de son omnipotence, de sa miséricorde, etc, etc, etc, et j'en passe des meilleures. Peut-être avait-il eût un pressentiment divin et qu'il était persuadé de me convertir de cette manière. Alors, il aurait gagné des points lors de son passage au paradis. Je l'imagine se présentant à Dieu qui lui demande ce qu'il a fait comme bonnes actions durant sa vie. Et lui de répondre : "J'ai converti Michel Kisinis !". Le Créateur sursaute alors brusquement : "C'est toi qui a converti Michel Kisinis !!! Et bien, mon fils, tu aura droit pour toute l'éternité à un harem complet de cinquante vierges blondes"...
   Mais cette conversion tiendrait plutôt du miracle... qui n'est pas prêt de se produire ! Moi qui a plutôt l'habitude d'être cassant lorsqu'on me raconte des histoires idiotes, n'hésitant pas à me confronter avec plusieurs personnes en même temps, là, je restais silencieux, respectueux de mon hôte qui m'avait invité en toute inconscience avec toute cette tripotée de types qui n'avaient que le mot "Dieu" à la bouche. Parmi tous ces expatriés, je ne voyais aucune trace du bienfait de la miséricorde de Dieu. Au delà de tous leurs discours enthousiastes, je ne voyais que la pauvreté généralisée. En fait, ce fut peut-être la seule chose qui nous unissait dans cette soirée, sans qu'aucun d'entre eux n'en ait eu conscience à ce moment-là. Et cela valait bien mon respect.
   A l'heure de nous quitter, j'emmenais mon cadeau que j'avais posé à côté de moi, estimant que mon ami ne l'avait pas mérité en m'invitant à une aussi pénible soirée. Et je rentrais chez moi, bien peiné d'avoir eu à supporter un tel calvaire et de ramener en plus cette foutue horloge.


Un parfum d'incompréhension
   Je ne me suis jamais résolu à jeter cette encombrante horloge. Alors, je l'ai conservée encore des années, lorsqu'un jour, récemment, une amie m'invita à son anniversaire. J'eus alors la brillante idée de ressortir mon horloge qui était toujours soigneusement emballé de papier journal, là où je l'avais posé en rentrant de cette soirée si lointaine. Je voulais lui faire une blague, lui offrant d'abord cette horloge par jeu, pour ensuite lui faire le présent d'un parfum que j'avais fabriqué moi-même en utilisant des essences rares. Le savant et subtil mélange que j'avais concocté était très sensuel, avec des senteurs florales et boisées uniques. Ce parfum sublime était véritablement l'appel à la volupté d'une fleur épanouie qui s'offre délicatement. Samira et moi partagions un fort goût pour les parfums et les encens, et je voulais lui faire ainsi une très belle surprise. Je trouvais mon idée vraiment géniale, certain que mon amie ne pourrait résister à un tel cadeau.
   Au moment d'offrir les cadeaux, tout le monde se rassembla autour d'elle, et les plus généreux, les moins nombreux, offrirent leur cadeau à notre belle hôte. Lorsque vint mon tour, je lui tendis mon paquet. Elle rigolait déjà en défaisant l'emballage fait de feuilles du "Monde". Et lorsqu'elle découvrit l'horloge, elle éclata de rire et montra l'objet à tous : "Vous avez vu ce que m'a offert Michel ?!!!". Tout le monde riait... Je n'avais pas prévu cela... Personne ne compris que c'était une blague. Très gêné, je ne savais plus quoi dire. Je finis par lui dire que j'avais hésité entre une horloge et un parfum. Elle me fusilla alors du regard et me dit : "S'il te plaît, Michel, ne m'offre jamais du parfum de chez Tati !".
   J'étais mortifié. J'avais l'impression qu'elle m'avait transpercée le cœur avec une perceuse électrique. J'aurai pu lui répondre "Tu n'es qu'une pauvre pétasse !", mais ce n'est pas du tout mon genre. Je lui répondis simplement que je n'achetais jamais rien chez Tati. Et je sentis le flacon de parfum dans ma poche. Il semblait avoir changer de densité et de volume, comme si une dizaine d'horloges murales s'étaient soudainement téléportées dans ma poche. Le parfum y resta, malgré l'inconfort éprouvé, et j'allais m'assoire silencieusement dans un coin, au beau milieu d'une fête dont je me sentais si totalement étranger.
   A la fin de cette triste soirée que j'avais copieusement arrosé d'eau du robinet, je rentrais chez moi abattu, enfin débarrassé de mon horloge, mais lourd d'un flacon de parfum sans prix, humilié et incompris.

© Michel Kisinis

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2009-05-10

Le bain de terre

   Dans un petit jardin public, près de la rue de Tolbiac, je m'étais assis sur un banc pour lire les émouvants échanges épistolaires et amoureux de Jack London et Anna Strunsky*.
   Près de moi, un jeune moineau, à moitié couvert d'un fin duvet grisâtre, s'ébattait dans la terre en piaillant de joie. De son petit bec, tour à tour, il soulevait un peu de terre et fourrageait énergiquement son duvet caduc en battant des ailes, tout en sautillant d'allégresse au beau milieu d'un parterre de fleurs.
   Ce spectacle ravit mon cœur lourd. Une tristesse infinie l'avait submergé, englouti. Que m'aurait-il fallu pour m'en défaire ? Une large coupe d'hellébore ou bien un bain chaud parfumé de miel de thym et d'ambre doré. Mais aucune vestale sacrée embaumant la myrrhe ne vint pour me présenter de tels remèdes.
   Je n'avais qu'un carnet de notes romain, dont la couverture représentait le château Sant'Angelo à Rome, belle reproduction d'une gravure ancienne du XIXe siècle, et m'offrant ses pages blanches à noircir, telles les bras d'albâtre de Calliope m'apportant inspiration et tendresse.
   Je pris alors ce carnet vierge et commençais d'écrire. Il absorba toute ma peine et mon désespoir, et soulagea mon cœur meurtri. Je m'y plongeai, tout comme ce moineau s'ébattant dans la terre, et l'insupportable surplus de tristesse quitta mon esprit pour aller s'étaler sur les belles lignes grises, en formant de longues suites de gribouillis noirs et obscurs.
Le bain de terre pour le moineau,
Le bain de mots pour le poète qui désespère.

         Michel Kisinis

* "L'Amour et rien d'autre, Correspondance Kempton-Wace", Jack London et Anna Strunsky, Edition Phébus Libretto, 2008. L'écriture de cette femme est bouleversante, d'autant que cet amour a été un échec complet. Les deux auteurs, brûlants d'un amour passionné l'un pour l'autre, se sont révélés incapables de mettre en pratique leur propre idéal de l'amour développé dans ce livre. Ce ne sont ni les premiers, ni les derniers...
© Michel Kisinis

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2008-11-03

Fleurs de bruyère

De la bruyère, les petits boutons roses
Illuminent sur mon balcon l'hivernale grisaille,
Me rappellant le vif éclat de tes yeux clairs,
Lorsqu'un tel émoi t'emporte entre mes bras.
Au prochain été, à mon tour, je t'offrirais,
De mon grenadier, la première fleur.
Puis, délicatement, en ton voluptueux corset,
Je glisserais quelques boutons de mon jasmin
Pour rendre plus enivrantes sa fine dentelle
Et les si belles rondeurs qu'elle recouvre.

Le souvenir de ma barbe embaumant le musc
Te poursuit à travers la ville enfumée, errante,
Et cherchant en vain ce parfum qui te hante.
Mais nul autre pareil à ton doux amant...
Et, les yeux embués, tu soupires en rêvant.

© Michel Kisinis

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2008-03-31

Le thé à deux

   Marie m'avait conseillée de lire "les petits oiseaux" d'Anaïs Nin. C'était vraiment très excitant comme lecture... Ma lectrice m'écrivit ensuite qu'elle voulait avoir un "thé à deux" pour pouvoir lire ce livre avec moi ! chez moi : chacun à notre tour, nous lirions une page, tout en buvant du thé à la menthe, entourés de volutes d'encens, de jasmin, de benjoin et de musc, avec en fond musical la voix de Georges Dalaras. Elle remonterait ses jupons rouges et violets, et mon chat Aris ronronnerait sous la caresse de ses doigts... Après une longue hésitation... d'une fraction de seconde, j'acceptais sa proposition.
   Quant elle vint enfin me voir avec son livre, quelques jours plus tard, je préparais fébrilement le thé et mis du benjoin, du musc et de l'ambre doré dans mon brûle-encens. Un nuage de fumée au parfum entêtant envahit le salon et je lui dis en souriant :
– Ah, petite friponne ! Maintenant, nous allons boire ce thé brûlant avec du miel grec, de la cannelle et de la muscade.
   J'y ajoutais aussi un peu de noix de tonka au goût exotique si vanillé. Ses sens allèrent alors être exacerbé par toutes ces épices, fin prête à la volupté.
   Marie était radieuse. Elle s'était installée confortablement sur le canapé et avait enlevé ses petits escarpins noirs. Elle me regardait préparer tout ce rituel avec un tendre sourire. Nous bûmes tranquillement notre thé tout en nous dévorant des yeux, n'osant pas encore nous toucher. Puis, elle commença à lire son livre et l'excitation s'amplifia très rapidement. Et je commençais à œuvrer sensuellement à ses côtés... tous deux enivrés par les effluves de l'encens et de l'amour. Je parfumais sa tendre nuque de santal blanc avant de la mordre amoureusement. Mais je la mis en garde de ne point laisser son émoi interrompre sa suggestive lecture, malgré toutes mes douces tortures, sous peine de gages de luxure.
   Relevant peu à peu ses légers jupons fleurant bon le jasmin, mes baisers l'enflammèrent. Et c'est elle qui ronronna sous la caresse de mes doigts pénétrant doucement son tendre sillon. Sa belle culotte de satin glissa lentement le long de ses cuisses, frémissantes sous de plaisantes morsures. Et son livre tomba à ses pieds, sur sa culotte mouillée.
   Nous bûmes dans une même coupe du vin de Samos, additionné de miel et de myrrhe. Et une divine ivresse nous emporta très loin.
   Marie me livra alors sans combat ses doux et chauds atours. J'y répandais de l'huile d'argan afin de la masser avec amour. Je les pinçais malicieusement, prenant grand plaisir à les voir gonfler et durcir entre mes mains joueuses, aidées de langoureux et humides suçons. Je dégustais goulûment ce mets de choix où s'étaient mélangés le goût de ses mamelons et celui des noisettes grillées de l'argan. Les yeux mi-clos, Marie gémissait doucement tout en se caressant gentiment la fente.
   Puis, je fis couler un long filet de miel chaud sur son ventre en feu, que je léchais avec avidité pour mieux le livrer à sa langue gourmande. Nos langues se lièrent ainsi avec passion, s'échangeant avec frénésie nos joies et nos saveurs.
   Son émoi la fit chanter une ode d'amour enflammé et, sur l'air mélancolique d'un rebetiko, l'agrippant par les hanches, je la retournais pour enfin la prendre avec encore plus d'ardeur. Ses gémissements accompagnèrent mes halètements et elle s'offrit plus encore à ma terrible étreinte. D'une main caressant son sein rond, et de l'autre son merveilleux bouton, je la pénétrais au plus profond. Ses cris se mêlèrent à mes râles, et nous jouîmes ensemble dans un fort mouvement, rythmé d'intenses spasmes qui nous laissèrent épuisés et heureux.
   Finalement, nous avions bien vite oublié son livre pour écrire le nôtre.

© Michel Kisinis

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2008-02-02

Ma princesse bédouine

Mes songes vont à une princesse bédouine.
J'aimerais être le vampire de ses rêves.
Mes baisers couvrent sa douce poitrine.
Je mords son cou fiévreusement
Et l'étreins follement sans trêves.
Mais je m'éveille alors tremblant,
Seul, et le souvenir de cette mutine
Hante mes journées sans agréments.
Cette nuit, j'allumerais mon brûle-encens.
Et attirée par les senteurs d'Orient,
Viendra ma belle princesse bédouine,
Enivrée des vapeurs de musc et d'ambre.
Ma dulcinée se pâmera dans ma chambre
Et succombera à la myrrhe de son amant.

© Michel Kisinis

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2007-12-02

Des raisins trop verts

   Récemment, je visitais avec un ami journaliste l'exposition des dessins du peintre Polidoro da Caravaggio au Musée du Louvre. Nous regardions avec admiration les œuvres accrochées aux cimaises, lorsque notre attention fut attirée par une femme qui passa près de nous. L'inconnue détaillait chaque dessin d'un regard très professionnel, une peintre peut-être. Je me mordais la lèvre... Je jetais un regard interrogateur à l'ami journaliste. Celui-ci fit une moue dédaigneuse et me souffla à l'oreille :
- Elle n'est même pas belle !
   Je regardais de nouveau la femme qui s'éloignait en ondulant grâcieusement, avec sa robe qui tournoyait de tous ses volants, laissant derrière elle un sillage de senteurs d'ambre et de musc.
   En humant ce délicieux parfum qui me rappelais tant l'Orient, les yeux rivés sur sa belle silhouette, je répondis :
- Tu as raison, Maître Renard, ces raisins sont bien trop verts.

07-12-2007 – Sur Facebook, j'ai ouvert un groupe de discussion "Poésie en ligne" afin parler de poésie :
Poésie en ligne sur Facebook
Vous pouvez m'écrire pour que je vous envoie une invitation pour l'inscription.

© Michel Kisinis

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2007-10-19

Encens - achat et usages

Petits conseils à propos de l'encens : comment l'acheter et comment l'utiliser.
Achat :
- Evitez d'acheter des bâtonnets ou des cônes de provenance non identifiée.
- Ne pas acheter de produits pas chers fabriqués en Chine qui sont faits avec des produits chimiques.
- Evitez d'acheter les poudres à la composition incertaine.
- N'achetez pas d'encens naturels appelés "encens" sans aucune autre précision.

- Préférez des encens naturels non manufacturés comme les résines en grains.
- Je vous conseille d'essayer la myrrhe (de Somalie ou d'Inde), le benjoin (plusieurs qualités de différentes provenances), l'oliban (plusieurs qualités de différentes provenances), le mastic de Grèce (très cher).
- Vous pouvez utiliser certaines épices comme encens. C'était d'usage courant pendant l'Antiquité. Par exemple : le cardamome, le clou de girofle, la cannelle, de nombreux herbes aromatiques comme le thym, le romarin, etc.
- Certains encens peuvent être consommés, comme le mastic (très bon). D'autres sont toxiques ou bien seulement très mauvais au goût comme la myrrhe. Beaucoup ont des applications thérapeutiques (la myrrhe et le benjoin), ainsi que dans la parfumerie de luxe. A tenir hors d'atteinte des enfants et des animaux domestiques.

Combustion :
- Les nombreux systèmes utilisant des bougies ne donnent pas assez de chaleur pour brûler l'encens correctement.
- Le charbon en pastille reste encore la meilleure solution pour cela. Néanmoins, il est potentiellement dangeureux. Il doit être posé dans un petit récipient (terre, céramique, métal ou pierre). Sous le récipient, mettez quelque chose qui isole de la chaleur comme une petite boîte de cigarillos ou un morceau de marbre. Le tout doit être placé sur un meuble assez haut, hors d'atteinte des enfants et des animaux domestiques. Certaines pastilles de charbon sont de mauvaise qualité et éclatent en morceaux... Ne pas laisser sans surveillance.
- L'encens peut être placé aussi dans un petit feu de cheminée, à condition qu'il n'y ait plus aucune flamme, seulement des braises. Sinon, certains encens comme le benjoin, risquent de s'enflammer au lieu d'être consummés, ce qui donne une fumée très peu agréable.
- Les encens en bâtonnets et en cônes doivent être placés aussi dans des récipients non combustiques. Donc, pas de boîte ou de support en bois, ou bien instable, comme on en voit beaucoup.
- Il existe aussi des brûleurs électriques d'encens d'origines diverses. J'en ai testé quelques-uns. En fait, ils se révèlent inadaptés aux résines naturelles. Certains ne chauffent pas assez et ne consument pas entièrement les résines, les liquéfiant pour les transformer en une soupe saumâtre. D'autres chauffent assez, mais sont dangereux. Il faut les éteindre rapidement pour éviter leur autodestruction ou pire... sans compter le coût de leur consommation électrique. De plus, les résines brûlées laissent en général des résidus, plus ou moins naturels (selon leur composition), qui restent collés au fond du brûleur et qui s'accumulent à l'usage, pour réduire rapidement à néant l'efficacité de l'appareil. Et, selon la conception de ce dernier, ces résidus refroidis et durcis se révèlent bien difficiles à enlever sans endommager le brûleur.


07-12-2007 – Sur Facebook, j'ai ouvert un groupe de discussion "Le Club de l'Encens" afin parler de choses et d'autres à propos des encens.
Le Club de l'Encens sur Facebook
Vous pouvez m'écrire pour que je vous envoie une invitation pour l'inscription.
Les amateurs de publicité clandestine sont priés d'aller voir ailleurs...

© Michel Kisinis

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2005-10-30

Souvenirs divins d'une déesse

Aucune ivresse ne pourra effacer son souvenir qui embaumait des effluves de déesse.
Sous ma main tremblante d'émotion, palpitait un sein magnifique, gonflé de mes caresses.
Son voile de nectar s'ouvrait, me submergeant de musc, d'ambre et d'un feu intense.
Répandant le nard sur son corps, j'offrais de sensuelles libations à l'enchanteresse,
Enchaînée par de doux liens, je l'effleurais de bouquets de jasmin avec délicatesse.
De Véronique, bien douce à monter était la croupe. Et la joie en était immense.

© Michel Kisinis

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2005-03-16

Formation et déformations Internet

Au café, Bobo Blaireau m'avait demandé – supplié – de donner une formation à sa copine un samedi après-midi. Il avait finement ajouté qu'il était trop doué pour qu'une grosse pétasse puisse le comprendre... Ça commençait bien !
Le lendemain, à l'heure dite, je traversais la rue pour me rendre chez lui. Quand la porte s'ouvrit, je découvris une sculpturale naïade blonde qui embaumait le benjoin et la myrrhe.
- Bonjour, Michel. Je t'attendais impatiemment.
- Euh, oui, bonjour. J'étais stupéfait. Véronique, la copine de Bobo Blaireau, était à tomber par terre. Elle était dotée d'une paire qui me laissait sans voix. Et le reste était à l'avenant...
- Bobo m'a dit que vous aviez besoin d'une petite formation. Quelles sont vos besoins exactement ? J'essayais malgré tout de garder un ton professionnel.
- On peut se tutoyer entre voisin, hein ! Je voudrais que tu m'apprennes à télécharger des MP3 sur Internet.
- Ah oui, fis-je tristement, plein d'enthousiasme. Avant de télécharger, il faut d'abord apprendre comment utiliser Internet. Tu as déjà utilisée Internet ?
- Non. J'ai un portable Apple, je viens de l'acheter. Enfin, c'est à Bobo...
- Oui, l'autre jour, il l'a montré à tout le quartier. Même le gardien de l'Armée du Salut doit être au courant.
Nous nous installâmes devant le Powerbook et je commença par lui expliquer les bases de l'utilisation de l'ordinateur.
- Et là, cette fente, c'est le lecteur de CD. Tu introduis doucement le CD et il rentre tout seul.
Elle essaya, sans succès. Le CD ne montait pas. Rien. Je regardais sur le bureau du Mac, nulle part ! Au bout de quelques longues secondes de silence, j'avisais un bout de plastique qui dépassait.
- Véronique, il faut mettre le CD dans le lecteur et non sous le portable. Là, ça peut pas marcher.
Crise de fou rire. Son merveilleux buste était secoué de soubressauts incandescents. J'avais du mal à détacher mon regard de son doux corsage.
- Bon, revenons-en à nos moutons et j'inserrais le CD qui monta avec un bruit incongru.
Véronique observait attentivement mes gestes. Et à chaque fois qu'elle se rapprochait de l'écran pour mieux voir mes manips, son magnifique sein droit frottait contre mon bras gauche. Une furieuse envie de lâcher ma souris m'étreingnais douleureusement.
- Michel, fit-elle, là, j'ai deux fentes. Qu'est-ce que je fais ?
- Ah bon ?!!! Je détaillais alors sa généreuse anatomie. Où çà ?
- Mais, non, idiot ! C'est l'ordinateur qui a deux fentes. Elle me désigna le côté droit du portable.
- Il s'agit d'un orifice où tu peux introduire une carte mémoire.
- Et je peux en mettre une grosse ?
- Oh oui, une très grosse, si tu veux. J'étais mort de rire.
- Pfuu ! Franchement, t'es pas un formateur très sérieux.
- Ben, avec une élève comme toi, c'est difficile de le rester.
- Montres-moi vraiment comment utiliser cette foutue machine et tu pourra me faire un petit bisou.
- Avec la langue ?, risquais-je d'une voix hésitante.
Elle resta silencieuse, se voulant énigmatique, espiègle minaudière.
- Et un peu les mains aussi ?
- La récompense sera à la mesure de la formation.
Je m'accrochais à la souris qui semblait tout à coup gonflée sous ma main.
En fait, son esprit était aussi fin que sa poitrine était ample. Bobo Blaireau ignorait tout de la créature qui partageait son nid douillet. Véronique fut prompte à comprendre les bases du Mac qui étaient indispensables pour utiliser son petit Ipod chéri.
Puis aux tours qu'elle m'appris, succédèrent des vers passionnés qui l'enchantèrent.
- Je te croyais technicien hors pair et voilà que tu me charmes avec de doux vers, s'écria-t-elle et elle me roula un patin d'enfer.
Et mes mains s'aggripèrent une fois encore à ses formes si voluptueuses.
- Les apparences peuvent être trompeuses.
J'en tiens là la preuve la plus somptueuse.
Le technicien s'est épuisé à une tâche hardue,
Mais le poète s'enflamme sans fin devant ton cul.
Et là, comme aiguillonnée par mes vers, elle se jeta sur moi. J'hésite à conter tout ce qui se passa durant cet après-midi, si riche en baisers passionnés et subtiles caresses. J'en rêve encore...
Le lendemain matin, je retournais au bar des Acacias. J'avais bien besoin d'une bonne dose de café pour me réveiller.
Au bout du deuzième double, survint Bobo tout guilleret et très amical.
- Ah Michel ! Je ne sais pas comment te remercier pour hier.
- Eh bien, tu n'as qu'à me donner quelques gros biftons.
- Bien sûr, Michel. Véronique est ravie de ta prestation. Moi, j'arrivais à rien avec elle. Je dois être trop proche, et puis, entre nous, il faut être très très patient avec elle. Et surtout ne pas avoir peur de répéter les choses. Mais toi, c'est une de tes grandes qualités.
- Je suis très cher aussi !
- Pas de problème, Michel. D'ailleurs, j'aimerai que tu me fasses un petit forfait. Véronique se débrouille très bien tout seule maintenant avec son Ipod. Elle m'emmerde plus ! C'était le but de la manoeuvre. Il s'exclaffa, fier de lui.
- Mais j'ai toujours oeuvré pour l'indépendance des individus.
- Il faudrait quand même que tu complètes son initiation. Elle a besoin que tu lui apprennes Internet, un peu de bureautique et de multimedia.
- Je suis disponible les samedis après-midi.
- D'accord. Mais je suis désolé, je ne peux pas y assister car j'ai trop de boulot à ma boîte.
- Non, non, il faut pas. Tu risques de perturber l'attention de Véronique.
- Tu as raison. T'ai un vrai pro, Michel. J'ai envie de t'embrasser ! s'exclama-t-il. Les habitués du café se retournèrent tous.
- Ah non, Bobo ! Je ne me fais jamais payer en nature.
© Michel Kisinis

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