La détresse et l'amour
Nombre d'individus prennent plus de plaisir à voir la détresse qu'à donner de l'amour. Il n'y a qu'à regarder le nombre de toutes ces émissions et revues qui déballent complaisemment toute la misère du monde. Devant le spectacle de la souffrance de l'autre, on s'en réjouit, on se sent puissant, supérieur et l'on en oublie ainsi sa propre détresse, sa misère et son impuissance devant l'implacable machine.
Tels des porcs s'ébattant dans leurs bauges, beaucoup se complaisent à assister à des spectacles dégradants, avilissants, des violences, des crimes qui sont complaisamment mis en scène, et d'autres où le spectacle même est l'humiliation en direct de personnes en détresse. Viols et dissections de cadavres sont offerts aux yeux de tous avec un luxe de détails et un grand soucis de réalisme. Mais tout ce spectacle n'est pas gratuit, il participe à la désensibilisation de notre humanité, à nous habituer à la violence, à nous y accoutumer, telle une drogue. Chacun réclame ainsi sa dose quotidienne de crimes sanglants et retrouve alors une pitoyable sérénité par la mort hantée.
On ne réclame pas d'émissions de poésie, ni de films romantiques, on exige des viols, des meurtres, des explosions, des destructions massives, toujours plus, toujours plus vite, accumulés en d'absurdes scénarios. Les cours donnés aux enfants mènent tout droit à cette demande. Ils n'ont pas d'atelier d'écriture, de chant, de musique ou de peinture. Non, on leur apprend la lutte, le combat, comment faire mal et terrasser son ennemi. On ne leur apprend pas comment créer de son esprit et de ses mains. Alors que l'on devrait déjà leur apprendre comment ne pas souffrir. Mais tant mieux, car il y aura toujours des spectateurs pour s'en régaler.
Si tous possédaient la dose d'empathie nécessaire à une humanité consciente, le spectacle de cette souffrance humaine leur serait tout simplement insupportable. Où pourraient-ils aller alors pour y échapper ? Quelle thérapie devraient-ils ingérer pour en guérir ? Car, de toute façon, toute évolution est rejetée, exclue.
Finalement, c'est à nous de supporter avec stoïcisme ces regards ravis et cruels devant notre propre souffrance, dans une attitude digne et hiératique... jusqu'à la mort.
© Michel Kisinis
Libellés : amour, art, explosion, mort, philosophie, poète, poésie, prose, sang
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La révolte réjouit mon coeur
De mon balcon fleuri, je vis dans la nuit
La rage s'écouler dans la rue déserte.
Belle révolte, mon cœur en fut réjoui.
© Michel Kisinis
Libellés : avocat affaires, balcon, coeur, explosion, Paris, politique, poète, poésie, résistance, subversion, vers
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La passivité devant l’hécatombe de licenciements
Vous vous rappelez peut-être de l’avis qu’avait demandé le Président de la République et de la Fracture sociale, il y a quelque temps déjà, auprès d’experts patentés concernant l’effondrement de l’emploi industriel. Les experts avaient émis un rapport très rassurant et le Président avait poussé un grand ouf, complaisamment répercuté dans les médias. Incrédule, je fus alors, et stupéfait je suis maintenant.
A l’époque, la conclusion des experts m’avait fait bien rire tant elle était irréelle. Aujourd’hui, je suis vraiment stupéfait. Certains promettent un feu d'artifices, craignant d’ailleurs de parler d’explosion sociale, mais moi je ne vois que passivité de la part des salariés, pleurants, effondrés, victimes d'une injustice sociale vécue comme une fatalité inévitable. Je suis surpris de l'inaction des syndicats et des salariés eux-mêmes, restants passifs devant cette hécatombe de licenciements au moment même où il leur faudrait faire preuve de combativité et d'imagination pour développer une résistance sociale vitale pour eux et pour leurs familles.
Le carriérisme et la collusion ont tués toute velléité de lutte. Chacun compte fébrilement ses RTT et ses misérables actions, tout en attendant que cela soit un autre qui soit licencié à sa place, de préférence un autre qu'on ne connait pas, dans une autre ville, un autre pays. Quant à certains organes représentatifs des salariés, ils sont carrément financés et organisés par les employeurs afin d'empêcher toute tentative de structuration de résistance au sein des entreprises et ainsi que de convaincre tous les salariés qu’ils n’ont pas le choix. Les réunions en deviennent pathétiques, ne servant qu’à officialiser des chiffres connus à l’avance et présentés comme étant tout à la fois une victoire et un sacrifice découlants d’une négociation qui n’a jamais vraiment eu lieu.
Alors d'aucuns, sûrs de leur impunité, peuvent continuer tranquillement, au gré du cours des actions, à jouer à ce jeu cruel, mais si rémunérateur, qui consiste à licencier en masse, ville après ville, à travers toute l'Europe, tel un vaste jeu de dominos. Et demain, nous n'aurons pas quelques centaines de personnes à dormir dans la rue, mais des milliers, des dizaines de milliers...
Moi, je vous le dis : la seule solution pour changer cette situation est la SUBVERSION.
© Michel Kisinis
Libellés : emploi, explosion, injustice, licenciements, passivité, politique, résistance, salariés, sociale, subversion, syndicats
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