Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

Kisinis Web Art, le site des Arts et des Artistes

2010-01-31

Divin espoir

Esclave, j'étais.
Courbé, défait,
Si bien tenaillé,
Si fort enchaîné,
Tourmenté de souffrance,
Privé de toute espérance.

Délivré du souffle odieux,
Transfiguré tel un dieu,
Je navigue dans le néant,
L'oubli. Heureux, dérivant,
Sans souvenir inopportun
Des blessures d'aucuns.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2009-08-27

Elixir d'amour et noires banderilles

   J'avais versé un doux élixir dans sa bouche et ses appels enflammés ravissaient mon cœur épanoui. Dans ses oreilles, j'en versais aussi quelques gouttes et elle frémissait de plaisir en écoutant les vers que m'inspiraient son amour. Dans son troublant regard illuminé par mes paroles les plus tendres, je vis une passion sans fond et je l'étreignais avec encore plus d'ardeur.
   Mais, à présent, le silence me clout sur place, tel un papillon perdu dans une cité obscure et sans vie, une banderille noire plantée au plus profond de mon cœur. Elle m'a fait oublier un instant toutes les autres qui se sont ajoutées au fil du temps, plantées là souvent avec un certain sourire.
   Dans une fuite éperdue, aveuglé par la souffrance, le papillon finira par périr dans la poussière d'une ruelle déserte, mis en pièce, dépeçé par les mâchoires implacables d'une multitude de laborieuses fourmis. Ses poèmes s'évanouiront alors dans l'immensité de la nuit, perdus à jamais.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , , , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2009-08-14

Ma famille et le monde

   La famille, dit-on, est une porte ouverte sur le monde...
   Ainsi, ce fut d'abord ma propre famille qui m'a apprit certains aspects de ce monde : la bêtise, l'insatiabilité, la cruauté, la cupidité, la fierté amorale d'être implacable, sans pitié, sans scrupule, ni remord, avec une insensibilité diabolique face à la souffrance et à la mort, accompagnée d'une belle hypocrisie au discours conformiste lénifiant, sans oublier le plaisir sadique de voyeurs sans foi et des postures à la perfection mimées devant des autels consacrés, et le néant spirituel de vils esprits.
   Au fil des années, j'ai appris tout cela à mes dépends.
   Aurais-je été assez naïf pour chercher vainement en ce monde ce que je ne trouvais point auprès des « miens » ?
© Michel Kisinis

Libellés : , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2009-07-07

Mer d'écueils

Dans le ressac des sentiments tronqués,
Je suis à la peine, brinqueballé, balloté,
Bousculé, je suffoque, le souffle coupé.
La rive, à la mine hospitalière, n'est
Qu'une âpre côte d'écueils jalonnée.
Je ne peux mettre pied à terre pour souffler.
Chaque escale se révèle empoisonnée,
Agonie pour mon âme encalaminée.
Périple sans fin, sans but, et désespéré,
Dans un univers où Antinéa n'est pas née.
Je scelle mon sort à mon esquif plombé
Et resserre mes liens autour du mat brisé.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2009-06-06

La détresse et l'amour

   Nombre d'individus prennent plus de plaisir à voir la détresse qu'à donner de l'amour. Il n'y a qu'à regarder le nombre de toutes ces émissions et revues qui déballent complaisemment toute la misère du monde. Devant le spectacle de la souffrance de l'autre, on s'en réjouit, on se sent puissant, supérieur et l'on en oublie ainsi sa propre détresse, sa misère et son impuissance devant l'implacable machine.
   Tels des porcs s'ébattant dans leurs bauges, beaucoup se complaisent à assister à des spectacles dégradants, avilissants, des violences, des crimes qui sont complaisamment mis en scène, et d'autres où le spectacle même est l'humiliation en direct de personnes en détresse. Viols et dissections de cadavres sont offerts aux yeux de tous avec un luxe de détails et un grand soucis de réalisme. Mais tout ce spectacle n'est pas gratuit, il participe à la désensibilisation de notre humanité, à nous habituer à la violence, à nous y accoutumer, telle une drogue. Chacun réclame ainsi sa dose quotidienne de crimes sanglants et retrouve alors une pitoyable sérénité par la mort hantée.
   On ne réclame pas d'émissions de poésie, ni de films romantiques, on exige des viols, des meurtres, des explosions, des destructions massives, toujours plus, toujours plus vite, accumulés en d'absurdes scénarios. Les cours donnés aux enfants mènent tout droit à cette demande. Ils n'ont pas d'atelier d'écriture, de chant, de musique ou de peinture. Non, on leur apprend la lutte, le combat, comment faire mal et terrasser son ennemi. On ne leur apprend pas comment créer de son esprit et de ses mains. Alors que l'on devrait déjà leur apprendre comment ne pas souffrir. Mais tant mieux, car il y aura toujours des spectateurs pour s'en régaler.
   Si tous possédaient la dose d'empathie nécessaire à une humanité consciente, le spectacle de cette souffrance humaine leur serait tout simplement insupportable. Où pourraient-ils aller alors pour y échapper ? Quelle thérapie devraient-ils ingérer pour en guérir ? Car, de toute façon, toute évolution est rejetée, exclue.
   Finalement, c'est à nous de supporter avec stoïcisme ces regards ravis et cruels devant notre propre souffrance, dans une attitude digne et hiératique... jusqu'à la mort.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2008-11-28

Absence au petit matin

Au petit matin, la brume se lève sur la tente effilochée,
Au fond d'un bois, et au regard des passants, dissimulée,
Cachant la misère et la solitude, couvert par un odieux silence.
Le froid est passé là, créant une nouvelle et indicible absence.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2008-09-27

Ma détresse et mon cœur

Ma détresse est si profonde en mon cœur.
Seule la mort saura m'en délivrer avec bonheur.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2008-04-07

L'ultime moment

Le désespoir étreint mon cœur d'une main d'érain.
Mes larmes coulent sur les pages d'un livre si inutile.
Mes pauvres vers s'écoulent de mes doigts si fragiles.
J'attends l'ultime moment où je serais enfin serein.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2007-12-16

Une dame cruelle

Une dame cruelle vient souvent me visiter,
S'invitant sans cesse à me tourmenter.
Son étreinte me transperce, rythmée
De rudes pulsations qui me laisse défait.
Un jour, une jolie muse s'en apitoyait
Et ses douces mains furent attentionnées,
Mais bien impuissantes à me soulager.
Le souvenir de son regard me fait trembler.
Un jour, de cet enfer sans fin, lassé,
J'empoignerais mon glaive effilé
Pour occire ce démon sans pitié.
Sans vie, de tout son sang vidé,
Ma carcasse ne pourra plus être torturée.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2007-08-19

Délivrance

Michel Kisinis, photographe et poeteQuand le vent de mon désespoir glace mon visage figé
Et que je sens les cellules de mon corps prêtes à se désagréger,
Une cruelle douceur m'envahit en vibrant.
La mort m'appelle.
La mort m'appelle et je suis prêt à me disperser.
Une douleur si douce me caresse si tendrement.
Le néant m'appelle,
Et je sens son souffle sur mon cœur.
Palpitations exquises où la vie s'unit à la mort.
Angoisse et effroi devant le spectacle de la vie.
Les marionnettes s'agitent par saccades dans le vide.
Et je me sens éclaté, vivre une mort vivante,
Une mort vivante, rampante et sinueuse.

Délivrance du vide,
Je poserai mes mains sur ta peau
Satinée, noir d'ébène.
Ta bouche se posera sur mon cœur,
Et tes lèvres glacées me feront frémir.
Ton premier baiser me donnera la mort,
Mon sang jaillira de mon coeur meurtri
Et nous tomberons tous deux à terre.
Sans vie.
Après ne l'avoir jamais connue.
---

Delivrance

When the wind of my despair ice my set face
And I feel the cells of my body ready to desagregate
A cruel sweetness fills me with vibes
Death calls me
Death calls me and I am ready to disperse
A pain so sweet caress me so tenderly
Nothingness is calling me
And I feel his breath on my heart.
Exquisite palpitations where life united with death.
Anguish and fright for the show of life.
Puppets agitating in emptyness.
And I feel broken, living a living death,
A living death, creeping and sinuous.

Deliverance of emptyness,
I will put my hand on your skin
Satined, of black ebony.
Your mouth will rest on my hearth,
And your iced lips will make me quiver.
Your first kiss will give me death,
My blood will spurt from my wounded heart
And we will fall both on the ground.
Lifeless.
Not knowing of it ever.

Michel Kisinis, photograph and poet
© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2006-11-30

Soupirs

Combien de fois n'ai-je pas soupiré, face à des ennemis, seul ?
Debout, poings serrés et le cœur flambloyant, comme mon aïeul.
Demain, tous mes soupirs auront cessés, serein, sous mon linceul.
Mon amie, t'aurais-je inspiré autrement sans ce sacré orgueil ?


----
Sighs
How much time did not I sigh, in front of enemies, alone?
Up, tight fists and the blazing heart, as my grandfather.
Tomorrow, all my sighs will have stopped, serene, under my shroud.
My Lady, would I have inspired you otherwise without this damned pride?

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!

2006-09-14

La musique de l'ascenseur

Une funèbre mélodie pour l'antichambre de la mort...
Une fois enfoncé, le bouton s'illumine.
Et suivent de grands fracas métalliques.
En mouvement, l'ascenseur est mélancolique.
Ses circuits jouent une musique qui me mine
Et me guide à l'antichambre de la mort.
Une main tremblante m'étreint
Pour me soutenir, vacillant,
Bouleversé par le temps,
Tyran qui règle et qui éteint
Nos vies, sans égard, ni remord.

Esprits en perdition, corps naufragés,
Un seul regard et mon cœur est blessé.
Tous ces maux s'imposent en un triste catalogue
De la vie des hommes et de son épilogue.

De l'ascenseur, m'accompagne la symphonie,
Le long des couloirs, le long de mon esprit.
Demain peut-être passerai-je devant
Une chambre tôt libérée de son occupant,
Parti sans prévenir, parti pour ne point revenir,
Sans jamais avoir entendu cette mélodie.
La porte claque sur mon cœur meurtri
Et mes pas résonnent dans le couloir,
Tel un revenant rôdant, torturé,
Perdu, à la recherche de sa mémoire.
Et n'ayant plus de larme pour s'apitoyer.

© Michel Kisinis

Libellés : , , , , , ,

StumbleUpon ToolbarStumble It!
Google

art blog kisinis